Mercredi 19 mars 2008

Rien ne va plus entre l'entreprise publique et la région de Haute-Normandie. « L’attitude de la SNCF conduit aujourd’hui à une situation de blocage » a déclaré lundi Alain Le Vern, président du conseil régional, lors d'une communication orale faite à ses collègues. Il a poursuivi : « La Région et les contribuables haut-normands n’ont pas vocation à financer les déficits globaux de la SNCF alors même que des efforts sans comparaison ont déjà été consentis. J’ajoute que la ligne Corail Intercités Paris-Rouen-Le Havre figure parmi les plus rentables au plan national sans pour autant offrir des conditions de service satisfaisantes au moment où, faut-il le rappeler, beaucoup de territoires bénéficient quant à eux de lignes à grande vitesse ! » 

Ce « trop, c'est trop » du patron politique de la région intervient à l'issue de plusieurs mois de négociations chaotiques, ponctuées de rebondissements et de volte-face de la SNCF, parfois à quelques jours d'intervalle, assez difficiles à suivre et surtout à comprendre.

En résumé, le conflit porte essentiellement sur la tarification des trains pour les kilomètres supplémentaires induits par le cadencement (ce terme technique désigne l'ensemble des modifications du trafic destinées à apporter aux usagers une offre plus lisible et plus fiable avec des horaires réguliers, des fréquences accrues et de meilleures correspondances).

Une augmentation de 59 %

La Région s'étant engagée à prendre en charge l’évolution des coûts, notamment salariaux, d’exécution des TER mais aussi à couvrir le risque lié aux coûts de l’énergie en contrepartie d’un engagement de réduction des volumes de gazole consommés, ce « rebasage » portait le coût du kilomètre/train à 13,80 euros soit une charge nouvelle de 3,79 millions pour la Région.

Mais le devis initial réalisé en septembre 2007 présentait un coût de 15 euros du km supplémentaire. Jugé trop élevé, ce tarif conduisait la Région à revoir à la baisse le plan de transport initial. Celui-ci passait alors de 750 000 km supplémentaires à 470 000.

Dans le cadre de la future convention, le prix moyen global s'établissait à 14 euros du km. La crise paraissait alors résolue jusqu’à la remise en question du cadencement. Après de nouvelles négociations qui semblaient devoir aboutir, la SNCF adressait à la Région un nouveau devis qui portait le tarif au kilomètre supplémentaire à 23,90 €, ce qui représentait une augmentation de 59 % par rapport à un prix que la région estimait déjà élevé ! Une semaine plus tard, le 6 mars, la SNCF proposait un nouveau tarif, cette fois de 20,46 euros… «Vous admirerez la précision des chiffres au centime près alors que d’un jour à l’autre les prix évoluent de plusieurs euros sans justification particulière», notait à ce propos Alain Le Vern. Sur une base de 470 000 km supplémentaires à 20,46 euros du km, cela porterait le tarif moyen sur l’ensemble du réseau (3 700 000 km annuels) à 14,70 du km. Pour les Haut-Normands, cela se traduirait par un surcoût de 3,7 millions d’euros à financer chaque année…

Transfert déguisé et non compensé

« Alors que la mise en œuvre du cadencement engendrera une hausse de l’offre de l’ordre de 15%, la logique voudrait pourtant, en vertu du principe d’économie d’échelle, que le prix unitaire au km soit revu à la baisse. Toutes les opérations similaires menées en Europe ont en effet démontré une optimisation des moyens », estime le président régional, qui ajoute : « Il va sans dire que la Région n’acceptera pas de payer ce tarif invraisemblable alors même que le contribuable haut-normand finance déjà la rénovation et l’acquisition des matériels roulants sur une ligne dont la responsabilité appartient toujours à l’Etat. Après les discours entendus au moment du Grenelle de l’environnement, le gouvernement serait bien inspiré de prendre ses responsabilités en veillant à ce que la SNCF dispose des moyens suffisants pour mettre en œuvre ses missions de service public sans se défausser sur les Régions.»

Il y a plus d'un an, l'entreprise publique avait déjà tenté de faire supporter les coûts d’exploitation de ses lignes nationales, dénommées pour l’occasion interrégionales (TIR) aux Régions. Ce transfert déguisé et non compensé avait finalement échoué devant le tollé déclenché à l’époque. «La seule explication de l’attitude de la SNCF depuis cette tentative avortée est qu’elle n’a pas renoncé à faire financer ses propres déficits d’exploitation par les Régions en empruntant cette fois des chemins détournés, y compris en cherchant à opposer des autorités organisatrices de transports différentes (Syndicat des Transports Ile de France, Régions Haute et Basse Normandie).»

L’avenant de la convention en cours arrivant à son terme le 31 mars prochain, sans évolution favorable des positions de la SNCF, la Région paiera mensuellement, après service fait, à compter du 1er avril. « Bien entendu, les trains circuleront néanmoins après cette date comme le prévoit le principe de continuité du service public», a précisé le président haut-normand. 

publié dans : Transports
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Mardi 18 mars 2008

Raoul Dufy, Camille Claudel, André Hambourg, Bernard Buffet, Kandinsky, Dali, Picasso ou Andy Warhol figurent parmi les nombreux artistes que le public normand pourra venir admirer à partir de vendredi prochain et jusqu'à la mise en vente de ces oeuvres qui aura lieu dimanche soir.

Au total, 272 tableaux et sculptures modernes et contemporains seront exposés durant ces trois jours sur 400 m² au Centre International de Deauville.

Comme à toutes les manifestations qu'elle y organise depuis sept ans, la société de ventes aux enchères Massol SA doit attirer encore cette année de nombreux acheteurs étrangers venant des Etats-Unis, d'Angleterre, d'Italie, d'Allemagne, de Grèce, du Maroc ou de Russie.

Informations pratiques

Horaires d’ouverture de l’exposition :
Vendredi 21 mars 2008 de 15h à 19h
Samedi 22 mars 2008 de 11h à 13h et de 15h à 19h
Dimanche 23 mars 2008 de 11h à 17 h
Entrée libre et gratuite

Ventes aux enchères
Dimanche 23 mars à 19h

Le catalogue de l’exposition-vente est téléchargeable au format PDF sur le site internet : www.massol-sa.com

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Lundi 17 mars 2008

Il s'en est fallu de peu pour que la gauche et le centre-gauche ne réussissent le grand chelem en Normandie : à l'exception du Havre, où l'inoxydable chiraquien Antoine Rufenacht a conservé avec l'aide du Modem le fauteuil de maire qu'il occupe depuis 19 ans, la droite a subi une véritable hécatombe parmi les principales villes.

D'abord, les deux capitales régionales, éminemment emblématiques. Mais aussi, notamment, Évreux, Alençon, Dieppe Granville, Vernon, Yvetot, Mont-Saint-Aignan, Eu, ont changé de pilotes. Désormais, ces villes sont gérées par des équipes de gauche ou des coalitions de gauche ou centre-gauche.

Même s'il serait exagéré de parler de révolution, il ne reste pas moins qu'il s'agit là d'une évolution sensible qui rompt quelque peu avec la tradition normande. On saura en 2014 si ces nouvelles équipes auront réussi à répondre aux attentes des électeurs.

Certes, elles disposeront d'un avantage certain, en se trouvant en phase avec les deux régions gérées comme elles par des élus socialistes : Alain le Vern pour la Haute-Normandie et Laurent Beauvais, premier vice-président du conseil régional, qui devrait succéder normalement à Philippe Duron à la tête de la Basse-Normandie.

En revanche, elles resteront plus que jamais soumises à une politique nationale qui leur sera d'autant moins favorable que Nicolas Sarkozy ne leur fera sans doute aucun cadeau, notamment en matière financière.

Quoi qu'il en soit, dans les deux capitales normandes, les challengers ont nettement écrasé les maires sortants, avec plus de 56 % des voix.

À Rouen, dès le premier tour, Valérie Fourneyron a su rassembler au-delà de son camp grâce à sa personnalité directe, son sens du contact et un discours clair, tranchant nettement avec les louvoiements opportunistes et maladroits du maire sortant, Philippe Albertini.

À Caen, Philippe Duron a su rassembler un électorat de gauche jamais uni jusqu'alors, tout en profitant du désarroi des troupes de son adversaire, Brigitte Le Brethon, qui a souffert de son isolement dû à son comportement autoritaire éloigné de tout charisme ainsi que d'un bilan modeste.









publié dans : Actu politique
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Lundi 14 janvier 2008
La Compagnie du Vent projette d’installer un parc éolien de six aérogénérateurs sur le site d’Avesnes et Beauvoir, à Avesnes-en-Bray et à Beauvoir-en-Lyons, dans le sud-est du département de la Seine-Maritime.

L’enquête publique se déroulera du 16 janvier au 20 février 2008 inclus.

Le commissaire enquêteur assure plusieurs permanences pendant toute la période d’enquête publique, afin de recueillir aussi les déclarations verbales.

Dans un communiqué, la Compagnie du Vent signale qu'« un sondage LH2 [réalisé pour le Syndicat des Energies Renouvelables en septembre 2007]. révèle que 90 % des Français sont favorables au développement de l’énergie éolienne, car ils reconnaissent à 61 % qu’elle est intéressante pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. »

« Toutefois »
, poursuit le communiqué, « cette écrasante majorité reste le plus souvent silencieuse. Cette tendance changera-t-elle à Avesnes-en-Bray et à Beauvoir-en-Lyons ? On peut le penser, car une association s’est déjà constituée pour défendre le projet d’Avesnes et Beauvoir. Planète Propre [Place du Commandant Schlœsing, 76220 Beauvoir-en-Lyons] affiliée à la fédération Planète Eolienne, a en effet mené plusieurs actions en faveur des éoliennes en trois années d’existence. »

La Compagnie du Vent, dont le groupe Suez détient 56,8 % via sa filiale Electrabel, exploite actuellement, en France, 11 parcs totalisant plus de 100 mégawatts.
par Le Galichon publié dans : Environnement
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Mercredi 9 janvier 2008
En Normandie comme ailleurs, jamais on n'aurait pu imaginer qu'une conférence de presse à l'Élysée puisse descendre à un tel niveau de vulgarité dans l'expression et de bassesse dans la pensée.

Par contraste, on se souvient des "grand-messes" menées par de Gaulle, dans les années soixante...

Jamais ce chef d'État ne se serait abaissé à tenter de ridiculiser publiquement l'auteur d'une question, si futile fut-elle.

On pouvait ne pas partager toutes les options politiques du personnage, mais on doit reconnaître qu'il était un homme d'esprit et de culture.

Sa personnalité solidement affirmée n'était pas celle d'un homme impulsif, vindicatif et versatile, tant sur le théâtre politique que dans la vie privée.

L'actuel chef de l'État nous a d'abord donné, il y a huit jours, le spectacle affligeant d'un quinquagénaire se comportant comme un collégien tout fier de montrer à tous la nouvelle et belle copine qui venait de remplacer, vite fait, celle qui l'avait brusquement plaqué.

Ce fut aujourd'hui la démonstration pathétique d'un petit homme, dans tous les sens du terme, qui croit pouvoir ostensiblement savourer sa "revanche" sur tous ceux qui lui semblent constituer, à tort ou à raison. une menace contre sa personnalité plus encore que pour sa politique (celle-ci changeant plus aisément que celle-là).

L'Histoire n'est pas avare de tels exemples.

Au contraire, pour se moquer, l'homme d'esprit et de culture, à la personnalité affirmée, n'a nul besoin de descendre aussi bas que l'a fait ce matin Nicolas Sarkozy.

Que son humour soit aussi subtil que celui de son ami Jean-Marie Bigard, passerait encore... "Je ne suis pas un intellectuel", assure-t-il. Mais qu'il se ridiculise en croyant donner une leçon au directeur de Libération alors que lui-même confond les notions de "royauté" et de "monarchie", traduit une inculture élémentaire indigne d'un chef d'État.

(La royauté est en effet héréditaire, mais la monarchie - qui est le pouvoir d'un seul - peut très bien être élective, n'en déplaise au petit donneur de leçons élyséen qui n'a vraisemblablement jamais entendu parler, entre autres, de Vercingétorix...).

Mais le plus affligeant, finalement, ce sont ces rires sonores autant que courtisans qui secouaient le troupeau des... "représentants de la presse".

Chez de Gaulle, il y en avait aussi. Mais les bons mots ou la théâtralisation du geste et de la voix étaient d'une autre farine.

Et surtout, on ne riait pas aussi fort, comme pour être aujourd'hui remarqué du prince...

Mais après tout, comme chez Bigard, on peut bien se lâcher, face au président : n'est-il pas un homme comme les autres, qui  "se lève le matin et se couche le soir, comme des dizaines de millions de Français" ?
par Le Galichon publié dans : Libre parole
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